Honoré
de Balzac, (1799 -
1850) est l'auteur d’un gigantesque ensemble intitulé la Comédie
humaine, qui a révolutionné les ambitions, les formes et le statut même
de l’écriture romanesque.
Né à Tours (Indre-et-Loire),
Balzac est issu d’une famille typique de la nouvelle bourgeoisie qui se dégage,
sous la Révolution, de ses origines paysannes : son père est directeur
des vivres de la 22e division militaire à Tours au moment de
sa naissance.
En 1807, Balzac rentre comme
pensionnaire au collège de Vendôme : une expérience traumatisante de
l’abandon et de la solitude, dont il ne cessera de répercuter l’écho
dans la fiction (voir le Lys dans la vallée), blessure du manque
d’amour d’autant plus cruelle qu’elle contraste dans ses sensations d’enfant
avec l’inoubliable, presque mythique sensualité, généreuse et épanouie, de la
Touraine
L’ambition de sa mère
étant d’en faire un notaire, Balzac entre à la fin de ses études comme
petit-clerc chez un avoué, juriste cultivé dont le personnage et l’étude
serviront de modèles pour le Derville du Colonel Chabert et de bien
d’autres romans. En 1819, Balzac renonce à la carrière toute tracée qui
s’offre à lui. Il s’installe pour deux ans dans un petit appartement de
la rue Lesdiguières à Paris.
Comme beaucoup
d’autres à cette époque, c’est dans le théâtre que Balzac
fait sa première tentative (Cromwell en 1820).
Pour développer le marché
du livre, il crée son entreprise d’éditeur-imprimeur en 1825. Hélas,
quelques années après, en 1829, une énorme dette fait de lui pour toujours
un homme hanté par les échéances, il devient un écrivain aux pièces et un
visionnaire des réalités implacables de la société nouvelle.
Balzac ne vécut sa vie que
par la littérature à un rythme de forcené... l'oeuvre balzacienne est d'une très
grande ampleur et l'ensemble de ses romans permettent de mieux connaître la vie sociale
et politique des contemporains de Louis-Philippe. Il tisse en peu d’années,
à coups de chefs-d’œuvre, son espace romanesque comme une énorme masse
exubérante et mouvante.
Dans les années 1830, Balzac
trouve une nouvelle formule romanesque, celle du roman de mœurs
contemporaines, capable de fondre et de transcender les acquis techniques ou
stylistiques de ses essais de jeunesse. Sous le titre de« Scènes
de la vie privée », il réunit des ensembles de textes, parmi lesquels
on retiendra Gobseck et Une double famille (1830), le Colonel
Chabert, le Curé de Tours (1832).
En 1833, Balzac fait
irruption chez sa sœur, Laure de Surville, et s’écrie : « Salue-moi,
car je suis tout bonnement en train de devenir un génie. » Il vient
d’imaginer le développement d’une œuvre colossale dont le principe
serait le retour des personnages d’un roman à l’autre. Mis en application
à propos du Père Goriot, où Balzac reprend comme personnage
principal le jeune arriviste Eugène de Rastignac, mais plus âgé et parvenu —
dans la Peau de chagrin, le procédé permet de former d’un roman à
l'autre, par l’effet des réapparitions épisodiques des personnages, un vaste
réseau d’intrigues, de passions, de destinées dans lequel le romancier
enveloppe la société entière de son temps.
Entre 1834 et 1840, une vingtaine
de romans viennent à publication, tous des chefs-d’œuvre : le Lys
dans la vallée, Illusions perdues, César Birotteau, le
Cabinet des antiques, Béatrix, Une fille d’Ève, etc...
L’œuvre ne cesse de
s’enrichir. La Rabouilleuse et les Mémoires de deux jeunes mariées,
le chantier de Splendeurs et Misères des courtisanes en 1843, l’achèvement
des Illusions perdues, les Parents pauvres en 1846/1847...
En 1854, écrivant à Madame Hanska,
Balzac dit "« En somme, voici
le jeu que je joue. Quatre hommes auront eu une vie immense : Napoléon,
Cuvier, O’Connell et je veux être le quatrième. Le premier a vécu la vie
de l’Europe ; il s’est inoculé des armées ! Le deuxième a épousé
le globe ! Le troisième s’est incarné un peuple ! Moi, j’aurai
porté une société tout entière dans ma tête. »
Mais cette immensité de vue
se paye cher : épuisement, maladie, équivoque, lui font une vieillesse
précoce.
Balzac meurt le 18 août
1850, porté par une foule immense au cimetière du Père-Lachaise. Victor
Hugo, sensible à la ressemblance du masque mortuaire de Balzac avec celui de
Napoléon, reprendra le roman et la littérature là où Balzac les a laissés
pour les mener jusqu’aux Misérables.
Balzac séjourna très souvent en
Touraine. C'est à St-Cyr-sur-Loire, près de Tours, qu'il place la demeure de
Lady Dudley dans Le Lys dans la Vallée. De 1823 à 1837, Balzac
vient trouver l'inspiration à Saché lieu de refuge. Sur les bords de l'Indre,
entouré d'un magnifique parc romantique, Saché offre aux amateurs
de littérature un intérieur 1830 entièrement reconstitué, une exposition
d'objet, de manuscrits, de sculptures et surtout la chambre à coucher du
"père" de Lucien de Rubempré.
Visite : Château
de Saché
37190 SACHÉ (à 17 km au sud-ouest de Tours)
Tél. 02 47 26 86 50 - Fax. 02 47 26 86 50
-
George SAND (1804-1876), de
son vrai nom Aurore Dupin, est une très grande romancière d'inspiration romantique,
très connue pour ses nombreux romans champêtres, qui pour la plupart, exaltent la
douceur de vivre dans la campagne berrichonne. George Sand est également connue pour sa
vie passionnée.
-
C'est en 1844, que le Constitutionnel publia Jeanne, roman dont le personnage homonyme figure la paysanne inspirée, à l'âme pure et primitive dont
George Sand aurait voulu repeupler le monde. Dans la série des œuvres champêtres, écrites
dans les années 1845/1847, il faut citer : le Meunier d'Angibault, le Péché de Monsieur Antoine,
la Mare au diable, François le Champi en 1847/1848. Pour
George Sand, le milieu champêtre est présenté comme une société idéale, échappant à la perversion des valeurs.
Elle prit position aux côtés de Ledru-Rollin, pendant la Révolution de 1848
et son engagement donna lieu à des écrits très passionnés.
Ses relations souvent
tumultueuses, sa légendaire liaison avec Alfred de Musset, puis avec
Chopin... ses idées sociales... en ont fait une femme "libérée".
George Sand revient définitivement à Nohant dans le Boischaut, au sud du
Berry en 1846. Sa demeure du XVIIIème siècle, fut le refuge de nombreux
hôtes illustres: Liszt, Chopin, Flaubert, Sandeau, Delacroix, Balzac, Sainte
Beuve, Gautier, Dumas...
Cette
demeure d'une quinzaine de pièces se visite: théâtre, salle à
manger, chambre de George Sand. Le parc offre un cadre rêvé pour retrouver
l'atmosphère romantique du siècle précédent. Il existe également un circuit "George Sand"
au sud de La Châtre, ou vous pouvez découvrir sur 50 km
"l'univers" de George Sand avec le musée de la Vallée Noire à La
Châtre, le moulin d'Angibault, le château de Saint-Chartier, le donjon de
Lys St-Georges, la basilique de Neuvy-St-Sépulcre, la villa Algira à
Gargilesse...
Alfred de VIGNY
(1797-1863) est
né à Loches en Touraine le 27
mars 1797 dans une famille noble ruinée par la Révolution. Son éducation est empreinte
des valeurs aristocratiques. La vie militaire qu'il mène sans gloire dans une garnison
pendant 10 ans le laisse déçu mais le temps libre lui permet de faire ses débuts dans
la littérature.
C'est une figure
marquante du romantisme en France. Un pessimisme fondamental caractérise son uvre,
a plusieurs reprises il développa le thème du "paria". Il se montra novateur
dans l'utilisation des symboles bibliques annonçant la modernité poétique de la fin du
19ème siècle.
Admirateur de Shakespeare, Vigny contribua à faire connaître en France le grand dramaturge en traduisant en vers quelques-unes de ses pièces, notamment Othello, le More de Venise, qui fut représenté à la Comédie-Française le 24 octobre 1829
Introduit dans le Cénacle
(groupe littéraire cherchant à définir les idées du romantisme naissant), il se lia
d'amitié avec Victor Hugo.
Vigny se lança dans la carrière dramatique.
Après quelques essais, une pièce historique, la Maréchale d'Ancre
en 1831 et et un proverbe, Quitte pour la peur en 1833, il rencontra le succès avec
Chatterton en 1835. La pièce, représentée à la Comédie-Française,
était interprétée entre autres par Marie Dorval, maîtresse de Vigny, qui fut très applaudie dans le rôle de Kitty Bell.
Désireux
de se rapprocher des valeurs républicaines, Alfred de Vigny s'enthousiasma pour la révolution de 1848 et espéra
pouvoir jouer un rôle politique dans la IIème République. Le peu de voix recueillies par sa candidature de député
lui apportèrent une nouvelle désillusion. Il se retira alors à la
campagne puis revint à Paris, composa quelques poèmes et rédigea des notes sur sa vie qui furent recueillies dans
le Journal d'un poète à titre posthume. Il mourut le 17
septembre 1863.