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Fonderie de Cloches Bollée à Orléans

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 LE CALIBRE

La première chose à faire, c'est le calibre. Une planche de hêtre sur laquelle sont tracés les différents profils des 3 moules qui serviront à faire la cloche.
IMPORTANT : BOLLEE est la seule maison à tracer ses calibres à l'aide d'un pantographe, inventé par Amédée BOLLEE en 1883.
C'est Amédée BOLLEE qui découvrit le premier la méthode d'analyse harmonique qui allait permettre de déterminer très exactement le nombre de vibrations de chacun des partiels du timbre et d'en tirer ensuite expérimentalement toutes les conséquences possibles, tant sur le plan de l'amélioration des tracés que sur celui de la retouche du timbre par tournage.  Amédée BOLLEE fit sa découverte en 1866.

 LE MOULAGE

La partie capitale de la fabrication est le moulage. Le procédé employé est celui que tous les fondeurs de fonte appellent "moulage à la trousse" : planche tournant autour d'un axe vertical fixé dans le sol; son profil représente exactement la section de l'objet qu'on veut former, et il donne en tournant les dimensions voulues à la terre qui constitue le moule.
Le moule d'une cloche se compose de 3 parties : le noyau, la chape, et, entre les deux, une partie intermédiaire dite "fausse cloche" qui est en terre ce qui sera la cloche en métal.
Ces 3 parties se forment successivement en partant du noyau qui leur sert de soutien.

 LE NOYAU

Le noyau est d'abord construit en briques grossièrement taillées, hérissées d'aspérités. Au milieu on a ménagé le vide où l'on fera le feu pour le sécher. On le recouvre de terre délayée dans de l'eau, d'abord grossière puis de plus en plus fine. Avant chaque couche déposée, on tranche le calibre à la lime afin de permettre au moule de prendre à chaque fois un peu de terre. Pendant ces diverses opérations un feu doux, entretenu dans le moule, active la dessiccation, et l'on obtient bientôt le noyau dur et poli ayant la forme intérieure de la cloche.

 LA FAUSSE CLOCHE

Alors commence la fabrication de la "fausse cloche". Entièrement en terre, elle doit tenir sur le noyau la place qu'occupera plus tard le métal.
Sur une légère couche de cendre destinée à empêcher l'adhérence du noyau à la fausse cloche, on dépose la terre en couche épaisse d'abord puis très fine, de la même manière que pour le noyau.

 POSE DES ORNEMENTS ET INSCRIPTIONS

Ensuite vient l'opération délicate : la pose des ornements et des inscriptions de la cloche.
On badigeonne le moule de suif chaud que racle le calibre bien poli. La fausse cloche offre alors une surface lisse et brillante coupée à différentes hauteurs par des cordons circulaires que font les encoches pratiquées sur la tranche du calibre.
Les ornements et inscriptions ont été préparés d'autre part sur des matrices sculptées dans du buis en creux, avec de la cire qui, tiédie et comprimée, épouse fidèlement toutes les finesses; quand ils sont découpés et n'ont plus de bavures, on les colle sur le suif, et le moule alors présente l'aspect d'une cloche brune couleur de noyer verni sur laquelle se détachent en blanc les cordons et en jaune les inscriptions et ornements. Ensuite il s'agit de mettre la troisième partie du moule, la chape.
L'on dépose sur les ornements et inscriptions une terre très fine voire pulvérisée qui prendra place dans les moindres détails des motifs. Cette terre est très délayée et s'applique par couche au fur et à mesure du séchage du moule à l'air ambiant. On ne commence à faire un peu de feu pour activer la dessiccation que lorsque la chape en formation a acquis assez de solidité pour se soutenir seule sur la cire ramollie; alors l'opération va plus vite, en couches de terre mêlée de fils de chanvre croisés pour empêcher le moule de se fendre et lui donner de la solidité; on pousse rigoureusement le feu intérieur, le moule devient brûlant, la cire et le suif fondent et sont absorbés par la terre. Le moule est alors achevé.

 LES ANSES

Mais il ne possède pas encore les anses destinées à soutenir la cloche et qui couronnent son sommet. Cette partie du moule se fait séparément sur un plateau en fonte ayant la forme de la partie supérieure (du cerveau de la cloche).
On forme en cire des anses identiques à celles de la cloche en ajustant soigneusement des pièces coulées séparément dans des moules en aluminium, puis on procède comme pour former la chape de la cloche. On met ensuite les anses dans une étuve, où alors fond la cire qui a servi de modèle. Cette cire est récupérée, et un vide est à la place.
On rapporte alors la partie supérieure du moule appelée "tête d'anses" et on l'ajuste sur la chape repérée et taillée.
Ainsi fait, le moule ne fait qu'un bloc.

Ensuite il faut faire la place du métal.
On enlève la chape qui n'a plus d'adhérence sur la fausse cloche puisque le suif a fondu; on détruit la "fausse cloche" qui n'adhère pas sur le noyau, celui-ci ayant été badigeonné de cendre.
Puis le vide intérieur du noyau est rempli de terre pour permettre la pose et l'ajustage de la boucle en fonte qui servira à tenir le battant.
Alors on remet en place la chape qui repose par son bord inférieur sur la base du noyau; entre les deux existe alors la place qu'occupera le métal, et pour couronner le tout on replace la tête d'anses à la partie supérieure de la chape. Cette tête d'anses comporte deux ouvertures : le trou de coulée et l'évent, ce dernier s'ouvre à la partie supérieure d'une cheminée en terre dominant le premier et servira à ménager un échappement à l'air qui remplit le moule lorsque le métal se précipitera. Sans cette précaution le liquide incandescent entrerait avec de bruyants glouglous mêlés de projections dangereuses pour le fondeur et le métal ne serait pas homogène (des bulles d'air se formeraient à l'intérieur).
Le moule ainsi fait est descendu dans une fosse creusée au pied du four. II est recouvert de terre fortement serrée pour empêcher au métal de faire éclater le moule, et de soulever la chape. Si la chape prend de la largeur sous la pression du métal, le diamètre de la cloche change, son épaisseur change également, et donc la note.
Des rigoles vont du trou de coulée (au milieu du four) à chaque trou de coulée de cloches.

 LE FOUR

Le métal est fondu au bois (charme et chêne) qui fait beaucoup de flammes et qui rougit la voûte du four. La voûte ainsi rougie par réverbération fait fondre le métal qui est posé sur la sole.
Tirage naturel (pas de soufflerie) du four, température de fusion 1200°.
Ces fours sont spécialement étudiés pour ce procédé de chauffage au bois. Le bois est le meilleur combustible qui existe pour le bronze.
Le cuivre dans le four subit un véritable affinage, une couche de braises le recouvre et le protège contre l'action oxydante de l'air. On brasse le tout à l'aide de longues perches en bois vert et les gaz qui se dégagent agitent le métal avec vigueur et le purifient. Quand le cuivre est fondu, on ajoute l'étain en lingots qui fondent instantanément, en refroidissant un peu le bain, mais en lui donnant une grande fluidité. Il ne reste plus qu'à s'assurer que la température est bien à 1200° à l'aide d'un pyromètre optique.

 LA COULÉE

L'on débouche le tampon de terre qui retenait le métal dans le four, et celui-ci se précipite dans les moules tandis qu'un jet de gaz enflammés sort en soufflant par l'évent. En quelques secondes les moules ont pleins, il n'y a plus qu'à laisser refroidir.

 LE DÉMOULAGE

Ensuite vient l'opération de démoulage.
Cette opération commence 4 à 5 heures après la coulée de la cloche. Il faut alors retirer la terre qui emplissait la Cosse. La cloche est retirée très chaude pour lui éviter de casser sous l'action du retrait. En effet, le moule en briques, noyau de la cloche, ne céderait pas, mais c'est la cloche qui se fendrait. Le retrait n'étant pas complètement terminé quand la cloche est retirée chaude, il n'y a plus rien à craindre.
Il ne faut pas non plus retirer la cloche trop chaude, car elle se tremperait (se durcirait trop rapidement) à l'air et sa résonance en subirait le contre coup.

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Ensuite il ne reste plus que la finition de la cloche : le polissage et la vérification de la tonalité.
La note est vérifiée à l'aide du diapason à masselottes, gravé de 5 en 5 vibrations. Il suffit de trouver la concordance de son en appliquant la queue du diapason sur l'endroit le plus épais de la cloche. Le diapason étant mis en vibration en le frappant sur une masse de bois, doit donner la vibration à la cloche sans aucun saut. Un son plein et continu doit ainsi sortir de la cloche.

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