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Genabum, Aurelianum, Orléans

Texte de M. Jacques LORILLOU

Une rubrique épisodique sur Orléans et sa région sous forme d'anecdotes historiques et insolites



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Les origines de la ville d'Orléans

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Les origines de la ville d'Orléans 

Il y a environ 2000 ans avant J.-C. une petite colline bornée par deux ravins, face à une île de la Loire, attira les premiers habitants. Cette colline, dont le temple protestant constitue maintenant le sommet et dont les limites sont marquées par les dépressions de la rue de la Tour-Neuve et de la rue Sainte-Catherine, devint le premier campement des premiers habitants.

Ce campement devint bientôt au temps des Ligures une véritable bourgade. puis au début du 6ème siècle avant J.C., les Gaulois et les Celtes s'y installèrent.
C'est au début du 6ème siècle avant JC que les Gaulois et les Celtes envahirent la région.

Voici donc l'origine de notre ville, qui à cette époque s'appelait Genabum

(nom qui signifie genou du fait du coude de la Loire).

A cette époque, les forêts couvraient la plus grande partie du pays, et les chemins étaient très rudimentaires, sinon inexistants. Donc, pour se déplacer sans se perdre, quoi de plus naturel que de suivre les cours d'eau. Beaucoup de gens ont de ce fait suivit la Loire, ce long fleuve qui prend sa source au sud du Massif Central et se termine au sud de la Bretagne. C'était évidemment le passage le plus indiqué pour traverser le pays du sud au nord, ou vers l'ouest.

Le véritable carrefour se trouve tout naturellement être Orléans, car c'est la partie la plus au nord de la boucle et elle se trouve à égales distances du raz de sein et du lac de Constance, ainsi que de l'embouchure de l'Adour à celle du Rhin.

La tribu qui habitait cette région privilégiée, était celle des Carnutes . Génabum était leur principale cité. Ils y traitaient leurs échanges, car cet emplacement leur permettait les relations avec le midi, donc vers la Méditerranée, mais aussi vers l'ouest en direction de l'océan.

Nous savons par César , que c'était un oppidum , c'est à dire une ville fortifiée. Et le même César nous apprend que Génabum communiquait avec la rive gauche de la Loire, par un pont voisin de la ville. Tout laisse à penser qu'il était en bois et aboutissait à quelques dizaines de mètres de la porte ouest de la cité. Ses remparts étaient faits de grosses poutres de bois, auxquelles s'appuyait à l'extérieur, un fort revêtement de pierres.

Ainsi la ville se trouvait protégée contre les ennemis, et aussi contre les loups, forts nombreux à cette époque dans la forêt voisine.

Cette région était déjà très riche, car à cette époque, l'on pensait surtout à se nourrir, et pour cela, les Carnutes pouvaient se fournir du blé par le plateau de Beauce, du seigle et le l'orge en Sologne. Et dans les bois, du gibier en grand nombre. La Loire et les étangs de Sologne les approvisionnaient en poissons. Comme ils manquaient de vin, ils opéraient des échanges avec des marchands romains de passage.

Les romains utilisant de plus en plus ce chemin, commencèrent à paver les routes. Et Génabum devint tout naturellement le centre de ce réseau. Il ne faut pas oublier que sur la Loire, les transports fluviaux furent très bien organisés par les romains naviculaires (les nautoniers).

La Loire fit la fortune d'Orléans. Les marchandises qui étaient transportées sur la Loire, étaient obligatoirement débarquées chez nous quand il s'agissait de leur faire gagner le bassin de Seine et réciproquement. La ville servait d'entrepôt pour les grains et les autres produits destinés à être transportés dans le midi.
La preuve de l'importance de la ville, est que l'enceinte romaine qui était sûrement trop étroite, et fort mal en point, fut remplacée par une enceinte entièrement neuve, et flanquée d'un grand nombre de tours.

La cité de Génabum, brûlée en 52 av. J.-C. par Jules César, fut reconstruite par l'empereur Aurélien, qui la nomma Aurelianum , origine de son nom actuel. Aurelianum était donc dès le IIIe siècle, une cité assez considérable de l'empire romain. Les faubourgs débordaient en dehors de la ville, du coté de l'ouest, où prenait naissance un bourg important qui s'appelait Avenum (nom venant des champs d'avoine qui s'y trouvaient). Même à l'est, de nombreuses maisons bordaient la grande voie.

Le commerce était prospère, car les Gaulois en gens pratiques et intelligents s'étaient vite assimilés aux règles équitables du droit romain.
La vie calme et laborieuse de cette région fut arrêtée par les invasions d'Attila en 450. Le 14 juin 451 la délivrance d'Orléans grâce à St Aignan , rendit courage à la population, mais cette victoire fut sans lendemain. La domination romaine fléchissait de toutes parts sous la poussée des barbares. Et la ville baissa un peu sous l'angle commercial et industriel. Heureusement cela dura peu.

Vers 508, l'abbaye de Micy, implanté dans la région, apporta beaucoup de travail aux gens du pays. Les moines dirigèrent le travail de défrichement de la Sologne, la régularisation du cours d'eau du Loiret, ainsi que celle des Mauves.
A l'époque mérovingienne, on vivait à Orléans dans une sécurité presque absolue, avec même un certain confort pour l'époque. Sous les Capétiens, le commerce fut réglementé, au même titre que l'administration. L'artère qui faisait vivre Orléans, était comme au temps des romains : la Loire ! Le corps des nautoniers, avait survécu aux invasions.
A cette époque, il y avait beaucoup d'abus, surtout sur la Loire. Il y avait la constitution de péages locaux perçus par les villes, les communautés religieuses et même les particuliers. Pour lutter contre ces abus, les marchants fréquentant la rivière de Loire surent resserrer vers le XII° siècle les liens qui les unissaient et, intéressait leurs sorts aux grand capétiens, tel Philippe Auguste, Saint Louis, Philippe le Bel. Ceux ci profitèrent de la circonstance pour introduire quelques fonctionnaires dans ce qui était devenu une véritable compagnie. En contribuant à l'entretient de la rivière, dont les marchands avaient la charge.

Au début du XIV° siècle, la compagnie, dont les dirigeants se réunissaient régulièrement dans l'une où l'autre ville riveraine, se montait fort solide et fort active. Ce fut sans doute la plus ancienne corporation du royaume.
Cette façon de se mette en corporation, prit un essor énorme. En 1181, Philippe Auguste réglementa la situation des bouchers à Orléans. Et il fut décidé que leur nombre serait de 40 dans la ville par un édit de Saint Louis.
En 1209 ce fut le tour des tisserands qui obtint le droit de travailler à des heures déterminées. En 1195 les parfumeurs. En 1271 les merciers. Et entre temps les autres corps de métier obtinrent des avantages analogues qui facilitaient singulièrement leurs tâches.
Les ventes étaient assurées par des marchés ouverts régulièrement. Il y avait le marché aux blés à l'emplacement actuel du Martroi. Le marché aux bestiaux, le marché aux poissons. Les boulangers de la ville étaient installés rue des Talemeniers (rue du Tabour) et vendaient leur pain à la porte Renard, aussi au marché de la porte Bourgogne, puis devant St Etienne auprès du pont. Trois fois par semaine les forains venaient vendre aux mêmes endroits. De temps immémoriaux une foire à la ferraille, était installée sur le pont.

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Au Moyen Age, Orléans comptait environ 20.000 habitants. L'œuvre des Capétiens fut continuée par les Valois. Tout cela pour enrichir et augmenter la puissance de la ville. Bientôt il y eut la création du Duché d'Orléans, par un acte de Philippe VI , que confirma Charles VII . Les deux Duchés se suivirent.

La ville fut mise en état de défense, c'était la grande misère du royaume. En 1407 Louis d'Orléans fut assassiné par les soldats du duc de Bourgogne. Et ce fut la longue rivalité qui allait mettre aux prises les Armagnacs et les Bourguignons .

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Texte de M. Jacques LORILLOU