Et nous voici
dans la guerre de cent ans. La délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc, la prise des Tourelles et la retraite des anglais.
C'est le 12
octobre 1428, que le comte de Salisbury arrive devant Orléans,
par la rive gauche, avec une armée d'Anglais et de Bourguignons.
Mais les Orléanais retranchés derrière leurs murailles, et
ayant rasé tous leurs faubourgs sur plus de 200 mètres, avaient
rendu un assaut plus difficile. Salisbury et son armée ne peuvent
passer le pont, car les Orléanais en ont fait sauter une arche,
et défendent le passage de la bastille St Antoine située au
milieu de la Loire.
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Le
siège d'Orléans
Salisbury en est
réduit à assiéger la ville, en l'entourant de fossés et de
bastilles. En visitant ses hommes installés sur la quai des
Augustins, le dimanche 17 octobre 1428, et voyant sur l'autre rive
douze moulins installés sur des bateaux qui produisaient de la
belle farine, se fâcha en pensant que ce n'était pas de cette
manière qu'il affamerait les Orléanais.
Il les fit donc couler
grâce à ses bombardes. Mais les Orléanais ne se laissèrent pas
intimider, et ils construisirent à toute hâte onze moulins à
chevaux pour les remplacer. Ces moulins furent établis dans une
rue des bords de Loire qui est maintenant la rue de l'Ecu-d'Or.
Les troupes de
Salisbury sont insuffisantes pour attaquer la ville : il n'a en
effet, qu'une garnison d'environ 500 hommes et quelques bombardes.
Il ne peut donc que bloquer l'ouest et le sud de la Loire. Les
assiégés peuvent donc sans risques continuer à communiquer avec
l'extérieur par le nord ouest.
Les 5000 habitants
d'Orléans en état de
porter les armes, se divisent en 34 compagnies pour garder les 34
tours de l'enceinte sous les ordres de Dunois, La Hire et Xaintrailles. Ils disposent de 72 bombardes. Les bombardes,
principales armes, ne sont que des tubes de bois ou de fer qui
lancent des boulets de 10 à 100 kilos à 1.000 mètres maximum,
mais les poudres utilisées ne sont pas de qualité, les tirs peu
précis, et les munitions n'étant pas explosives, les dégâts
occasionnés sont minimes.
Le siège dure longtemps, très longtemps... Pour se distraire, assiégés et
assiégeants s'interpellent. Salisbury, blessé, meurt des suites
de sa blessure. (un boulet en pleine tête tiré de la tour
Recouvrance) Tout le monde est fatigué et le moral est très bas
des deux cotés.
Alors ! Jeanne
d'Arc arrive par Olivet, venant de Blois, en croyant
qu'Orléans est sur la rive gauche. Elle doit donc renvoyer son
armée à Blois pour passer la Loire, car le pont de Beaugency est
occupé par les Anglais.
Les troupes reviennent par la rive droite, et contournent les
défenses anglaises par le nord. Pendant ce temps, Jeanne d'Arc a
remonté la Loire sur 10 Km et la franchie à Chécy le 28 avril.
Le 29, elle fait son entrée à Orléans par la porte Bourgogne.
Aussitôt le moral revient chez les assiégés, mais les chefs
militaires veulent sa perte, entraînés notamment par Gaucourt,
gouverneur de la place. Un seul la défends : Dunois.
Jeanne d'Arc obtient de haute lutte que la bastille de Saint Loup
soit attaquée. Gaucourt attaque seul et est repoussé avec de
grosses pertes. Jeanne d'Arc arrive avec son armée, et les
Anglais lâchent pied en y laissant 200 morts.
Elle demande avec insistance que l'on donne l'assaut à la
bastille de Saint Jean le Blanc. Et c'est seulement le 6 mai, avec
4.000 hommes, que Jeanne d'Arc passe sur l'île saint Aignan, puis
sur la rive gauche, mais les Anglais se sont déjà repliés sur
le couvent des Augustins.
L'armée de Jeanne d'Arc les poursuit, mais une contre attaque la
rejette sur la Loire. Jeanne rejoint sa troupe et relance
l'attaque, l'ennemi recule et se réfugie aux Tourelles. Jeanne
d'Arc veut aller vite , elle demande à Gaucourt de faire
diversion sur l'ennemi depuis la bastille Saint Antoine, pour lui
permettre de donner l'assaut aux Tourelles. Gaucourt refuse et
tente de l'empêcher de sortir à la porte Bourgogne, mais le
peuple prend le parti de Jeanne et elle peut enfin rejoindre ses
troupes.
Avant de donner l'assaut, elle fait canonner violemment les
positions ennemies de toutes parts. Mais son armée est un peu
découragée par la résistance de l'ennemi. Alors Jeanne se jette
dans le fossé et veut dresser une échelle, hélas ! une flèche
la blesse grièvement à l'épaule. Elle retire elle même cette
flèche dans d'atroces souffrances et revient à l'attaque avec
son étendard.
Les Anglais qui croyaient avoir "tué la sorcière" sont
pris de panique et se replient .
A ce moment les Orléanais opèrent une diversion et tentent de
jeter des passerelles au dessus de l'arche coupée du pont depuis
la bastille Saint Antoine . Les Anglais pris entre deux feux
capitulent . C'est le 7 mai. Le 8 mai ils abandonnent les
bastilles et s'enfuirent. Jeanne d'Arc entre dans Orléans
libéré au milieu d'un peuple en délire.
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A l'angle de la rue de Bourgogne et de la rue Louis Roguet dans la
partie qui, autrefois , s'appelait Pomme de Pin, se trouve une
antique maison que M. Doinel a prouvé, à l'aide de titres et
documents indiscutables, être celle qu'occupa la Pucelle, lors de
son séjour à Orléans.
Bien que reçue
tout d'abord dans la maison de l'argentier Jacques Boucher, rue du
Tabour, dont elle partagea le lit de la fille, elle ne pu y
demeurer longtemps à cause du manque de place. Il fallut pour la
loger avec sa maison militaire (qui se composait de ses deux
frères Jean et Pierre, de son écuyer, de son chapelain et de
deux pages), aller habiter l'immeuble de nous venons d'indiquer et
pour le bail duquel Guillot de Guyenne, le Hérault du siège, se
porta caution, suivant l'usage du temps.
Après le siège,
la ville se remet petit à petit. Les paysans retournent dans les
champs, les moines et les nones dans leurs couvents. Il n'y a plus
de soldats chez l'habitant, les citadins ont retrouvé leurs
aises. Nous voyons aussi l'arrivé de marchands du centre et du
midi de la France passant de nouveau le vieux pont de Loire.
Louis XI organise
même un service de poste de chevaux et supprime aussi un grand
nombre de péages sur les routes, il institut aussi des tarifs
douaniers destinés à défendre les artisans français.
Toutes ces
mesures favorisaient la vie de notre ville. Chaque année les
foires gagnaient en importance. De 20.000 habitants, la population
de la ville était passée entre 26.000 et 28.000 habitants.
Hélas! voici venir les guerres de religions avec notamment la Saint
Barthélemy. Après une petite période de répit, ce fut le
règne du roi Colas.
Et puis, voici qu'arrive la Ligue
qui remit à feu et à sang la France. Enfin, ce sera la fin de
toutes ces guerres de religions.
Au sujet des guerres de religion voici une anecdote, la
transgression du Carême à Orléans en 1562 :
En ce début de
guerres de religion, Charles IX assiégeait Orléans avec son
armée de catholiques. Mais en cette période de Carême, les
pauvres soldats avaient faim, l'observance de règles leur
interdisant de manger gras influait sur leur état physique et
moral. Par contre les Huguenots qui occupaient la ville, n'avaient
aucune contrainte car la Réforme s'était prononcée conte l'abstinences
et les jeûnes.
En raison de l'état de ses troupes, M. de Cypierre intercepte
auprès du légat du pape, le cardinal de Ferrare, pour obtenir
une dispense. Le cardinal lui rétorque que cette demande est
malvenue, car faisant la guerre à des hérétiques ennemis du
Carême.
Sur l'insistance de M. de Cypierre le cardinal autorise enfin la
consommation de lait, beurre et fromage, mais pas question de
viande.
Finalement le cardinal cède, et les soldats de M. de Cypierre
investissent la ville.
Nous entrons dans le XVII° siècle. Tandis que la vie religieuse
s'intensifie dans notre ville, au son des cloches des églises et
des carillons des monastères, les affaires se développent de
jour en jour.
Les guerres religieuses du XVI° siècle ainsi que celles que
Richelieu avait du soutenir contre les protestants avaient gênées
le commerce qui se pratiquait par voie terrestre entre Orléans et
l'Espagne. Les routes étaient dangereuse, souvent impraticables. (C'est
a cette époque qu'un de mes ancêtre qui était roulier faisait
la liaison de Paris a l'Espagne, celui ci n'avait jamais eu
d'ennuies de la part des bandits ainsi que des loups, car il avait
toujours sur sa voiture au moins un loup mâle qui écartait les
autres loups ainsi que les bandits, il pouvait de ce fait coucher
en pleine forêt sans crainte).
Par contre coup, la navigation fluviale prit une importance de
plus en plus considérable à Orléans. La route d'Orléans à
Paris fut pavée, ce qui permit de circuler en toute saison.
A Orléans, on entreposait une grande quantité de marchandises
pour la capitale; ces marchandises provenaient en grande partie du
proche Orient où du midi de la France, en descendant le fleuve de
Roanne jusqu'à notre ville.
Mais déjà les
ports de l'océan, à la suite des découvertes des Portugais et
des Espagnols profitaient de la dérivation des grands courants
commerciaux. Les produits d'outre mer acheminés vers Nantes où
vers Lorient étaient déchargés à Orléans, à côté de ceux
en provenance de Marseille. La guerre du bois, qui avait ruinée
Venise, ne nous causait aucun dommage. La Loire nous permettait de
gagner sur les deux tableaux. Mais bientôt, grâce à l'intérêt
que portait le grand cardinal à nos possessions d'Amérique, les
épices d'outre Atlantique allaient augmenter dans des proportions
prodigieuses la fortune de la ville.
En attendant ce n'était pas seulement les hommes d'affaires, et
les intermédiaires qui gagnaient de l'argent; mais les
producteurs Orléanais aussi. Nos vins qualifiés par Hesner de
vins très nobles, étaient goûtés dans toute l'Europe, sous le
nom de vin d'Orléans.
Nous avions dans
le val des pépinières bien entretenues, et M. d'Escurespu
trouver en une seule fois, 1900 pieds d'ormes femelles à
expédier à Paris.
Depuis 1577 une industrie qui prit une grande extension s'était
développée dans la ville. Nous fabriquions des chapeaux de
feutre qui étaient appréciés dans toute la France. Il y avait
aussi naturellement les dragées et les cotignacsqui trouvaient
de plus en plus d'amateurs.
Les affaires marchaient bien et le rayon d'action de nos
commerçants s'étendait de plus en plus loin. Durant cette
période les Orléanais furent heureux, dans la mesure où peuvent
l'être les citoyens d'une même cité; car une épidémie de
peste fit des ravages entre 1625 et 1629. De mauvaises récoltes firent
augmenter le prix du pain. Même en août 1630 un soulèvement eu
lieu au cours duquel la maison de sieur Cardinet fut brûlée, et
l'on du pendre sept mutins. Ce n'était cependant que de petites
misères, par rapport au siècle précédent .
Mais nos négociants, à partir du milieu de ce siècle, ne
voulurent plus se contenter de l'excellent métier que constituait
le courtage des marchandises d'outre-mer. Ils commencèrent à
travailler les matières premières, qui jusqu'alors ne faisaient
que de traverser la ville.