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Genabum, Aurelianum, Orléans

Texte de M. Jacques LORILLOU

Une rubrique épisodique sur Orléans et sa région sous forme d'anecdotes historiques et insolites



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Guerre de Cent ans - Délivrance d'Orléans

Renaissance du commerce

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La Guerre de Cent ans et la délivrance d'Orléans

Et nous voici dans la guerre de cent ans. La délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc , la prise des Tourelles et la retraite des anglais.

C'est le 12 octobre 1428, que le comte de Salisbury arrive devant Orléans, par la rive gauche, avec une armée d'Anglais et de Bourguignons. Mais les Orléanais retranchés derrière leurs murailles, et ayant rasé tous leurs faubourgs sur plus de 200 mètres, avaient rendu un assaut plus difficile. Salisbury et son armée ne peuvent passer le pont, car les Orléanais en ont fait sauter une arche, et défendent le passage de la bastille St Antoine située au milieu de la Loire.

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Le siège d'Orléans

Salisbury en est réduit à assiéger la ville, en l'entourant de fossés et de bastilles. En visitant ses hommes installés sur la quai des Augustins, le dimanche 17 octobre 1428, et voyant sur l'autre rive douze moulins installés sur des bateaux qui produisaient de la belle farine, se fâcha en pensant que ce n'était pas de cette manière qu'il affamerait les Orléanais. 

Il les fit donc couler grâce à ses bombardes. Mais les Orléanais ne se laissèrent pas intimider, et ils construisirent à toute hâte onze moulins à chevaux pour les remplacer. Ces moulins furent établis dans une rue des bords de Loire qui est maintenant la rue de l'Ecu-d'Or.

Les troupes de Salisbury sont insuffisantes pour attaquer la ville : il n'a en effet, qu'une garnison d'environ 500 hommes et quelques bombardes. Il ne peut donc que bloquer l'ouest et le sud de la Loire. Les assiégés peuvent donc sans risques continuer à communiquer avec l'extérieur par le nord ouest.

Les 5000 habitants d'Orléans en état de porter les armes, se divisent en 34 compagnies pour garder les 34 tours de l'enceinte sous les ordres de Dunois , La Hire et Xaintrailles . Ils disposent de 72 bombardes. Les bombardes, principales armes, ne sont que des tubes de bois ou de fer qui lancent des boulets de 10 à 100 kilos à 1.000 mètres maximum, mais les poudres utilisées ne sont pas de qualité, les tirs peu précis, et les munitions n'étant pas explosives, les dégâts occasionnés sont minimes.

Le siège dure longtemps, très longtemps... Pour se distraire, assiégés et assiégeants s'interpellent. Salisbury, blessé, meurt des suites de sa blessure. (un boulet en pleine tête tiré de la tour Recouvrance) Tout le monde est fatigué et le moral est très bas des deux cotés.

Alors ! Jeanne d'Arc arrive par Olivet, venant de Blois, en croyant qu'Orléans est sur la rive gauche. Elle doit donc renvoyer son armée à Blois pour passer la Loire, car le pont de Beaugency est occupé par les Anglais.

Les troupes reviennent par la rive droite, et contournent les défenses anglaises par le nord. Pendant ce temps, Jeanne d'Arc a remonté la Loire sur 10 Km et la franchie à Chécy le 28 avril. Le 29, elle fait son entrée à Orléans par la porte Bourgogne. Aussitôt le moral revient chez les assiégés, mais les chefs militaires veulent sa perte, entraînés notamment par Gaucourt , gouverneur de la place. Un seul la défends : Dunois.
Jeanne d'Arc obtient de haute lutte que la bastille de Saint Loup soit attaquée. Gaucourt attaque seul et est repoussé avec de grosses pertes. Jeanne d'Arc arrive avec son armée, et les Anglais lâchent pied en y laissant 200 morts.
Elle demande avec insistance que l'on donne l'assaut à la bastille de Saint Jean le Blanc. Et c'est seulement le 6 mai, avec 4.000 hommes, que Jeanne d'Arc passe sur l'île saint Aignan, puis sur la rive gauche, mais les Anglais se sont déjà repliés sur le couvent des Augustins.

L'armée de Jeanne d'Arc les poursuit, mais une contre attaque la rejette sur la Loire. Jeanne rejoint sa troupe et relance l'attaque, l'ennemi recule et se réfugie aux Tourelles. Jeanne d'Arc veut aller vite , elle demande à Gaucourt de faire diversion sur l'ennemi depuis la bastille Saint Antoine, pour lui permettre de donner l'assaut aux Tourelles. Gaucourt refuse et tente de l'empêcher de sortir à la porte Bourgogne, mais le peuple prend le parti de Jeanne et elle peut enfin rejoindre ses troupes.
Avant de donner l'assaut, elle fait canonner violemment les positions ennemies de toutes parts. Mais son armée est un peu découragée par la résistance de l'ennemi. Alors Jeanne se jette dans le fossé et veut dresser une échelle, hélas ! une flèche la blesse grièvement à l'épaule. Elle retire elle même cette flèche dans d'atroces souffrances et revient à l'attaque avec son étendard.

Les Anglais qui croyaient avoir "tué la sorcière" sont pris de panique et se replient .
A ce moment les Orléanais opèrent une diversion et tentent de jeter des passerelles au dessus de l'arche coupée du pont depuis la bastille Saint Antoine . Les Anglais pris entre deux feux capitulent . C'est le 7 mai. Le 8 mai ils abandonnent les bastilles et s'enfuirent. Jeanne d'Arc entre dans Orléans libéré au milieu d'un peuple en délire.

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A l'angle de la rue de Bourgogne et de la rue Louis Roguet dans la partie qui, autrefois , s'appelait Pomme de Pin, se trouve une antique maison que M. Doinel a prouvé, à l'aide de titres et documents indiscutables, être celle qu'occupa la Pucelle, lors de son séjour à Orléans.

Bien que reçue tout d'abord dans la maison de l'argentier Jacques Boucher, rue du Tabour, dont elle partagea le lit de la fille, elle ne pu y demeurer longtemps à cause du manque de place. Il fallut pour la loger avec sa maison militaire (qui se composait de ses deux frères Jean et Pierre, de son écuyer, de son chapelain et de deux pages), aller habiter l'immeuble de nous venons d'indiquer et pour le bail duquel Guillot de Guyenne, le Hérault du siège, se porta caution, suivant l'usage du temps.

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Renaissance du commerce

Après le siège, la ville se remet petit à petit. Les paysans retournent dans les champs, les moines et les nones dans leurs couvents. Il n'y a plus de soldats chez l'habitant, les citadins ont retrouvé leurs aises. Nous voyons aussi l'arrivé de marchands du centre et du midi de la France passant de nouveau le vieux pont de Loire.

Louis XI organise même un service de poste de chevaux et supprime aussi un grand nombre de péages sur les routes, il institut aussi des tarifs douaniers destinés à défendre les artisans français.

Toutes ces mesures favorisaient la vie de notre ville. Chaque année les foires gagnaient en importance. De 20.000 habitants, la population de la ville était passée entre 26.000 et 28.000 habitants.
Hélas! voici venir les guerres de religions avec notamment la Saint Barthélemy. Après une petite période de répit, ce fut le règne du roi
Colas . Et puis, voici qu'arrive la Ligue qui remit à feu et à sang la France. Enfin, ce sera la fin de toutes ces guerres de religions.
Au sujet des guerres de religion voici une anecdote, la transgression du Carême à Orléans en 1562

En ce début de guerres de religion, Charles IX assiégeait Orléans avec son armée de catholiques. Mais en cette période de Carême, les pauvres soldats avaient faim, l'observance de règles leur interdisant de manger gras influait sur leur état physique et moral. Par contre les Huguenots qui occupaient la ville, n'avaient aucune contrainte car la Réforme s'était prononcée conte l'abstinences et les jeûnes.
En raison de l'état de ses troupes, M. de Cypierre intercepte auprès du légat du pape, le cardinal de Ferrare, pour obtenir une dispense. Le cardinal lui rétorque que cette demande est malvenue, car faisant la guerre à des hérétiques ennemis du Carême.
Sur l'insistance de M. de Cypierre le cardinal autorise enfin la consommation de lait, beurre et fromage, mais pas question de viande.
Finalement le cardinal cède, et les soldats de M. de Cypierre investissent la ville.
Nous entrons dans le XVII° siècle. Tandis que la vie religieuse s'intensifie dans notre ville, au son des cloches des églises et des carillons des monastères, les affaires se développent de jour en jour.
Les guerres religieuses du XVI° siècle ainsi que celles que Richelieu avait du soutenir contre les protestants avaient gênées le commerce qui se pratiquait par voie terrestre entre Orléans et l'Espagne. Les routes étaient dangereuse, souvent impraticables. (C'est a cette époque qu'un de mes ancêtre qui était roulier faisait la liaison de Paris a l'Espagne, celui ci n'avait jamais eu d'ennuies de la part des bandits ainsi que des loups, car il avait toujours sur sa voiture au moins un loup mâle qui écartait les autres loups ainsi que les bandits, il pouvait de ce fait coucher en pleine forêt sans crainte).
Par contre coup, la navigation fluviale prit une importance de plus en plus considérable à Orléans. La route d'Orléans à Paris fut pavée, ce qui permit de circuler en toute saison.
A Orléans, on entreposait une grande quantité de marchandises pour la capitale; ces marchandises provenaient en grande partie du proche Orient où du midi de la France, en descendant le fleuve de Roanne jusqu'à notre ville.

Mais déjà les ports de l'océan, à la suite des découvertes des Portugais et des Espagnols profitaient de la dérivation des grands courants commerciaux. Les produits d'outre mer acheminés vers Nantes où vers Lorient étaient déchargés à Orléans, à côté de ceux en provenance de Marseille. La guerre du bois, qui avait ruinée Venise, ne nous causait aucun dommage. La Loire nous permettait de gagner sur les deux tableaux. Mais bientôt, grâce à l'intérêt que portait le grand cardinal à nos possessions d'Amérique, les épices d'outre Atlantique allaient augmenter dans des proportions prodigieuses la fortune de la ville.
En attendant ce n'était pas seulement les hommes d'affaires, et les intermédiaires qui gagnaient de l'argent; mais les producteurs Orléanais aussi. Nos vins qualifiés par Hesner de vins très nobles, étaient goûtés dans toute l'Europe, sous le nom de vin d'Orléans.

Nous avions dans le val des pépinières bien entretenues, et M. d'Escures pu trouver en une seule fois, 1900 pieds d'ormes femelles à expédier à Paris.
Depuis 1577 une industrie qui prit une grande extension s'était développée dans la ville. Nous fabriquions des chapeaux de feutre qui étaient appréciés dans toute la France. Il y avait aussi naturellement les dragées et les
cotignacs qui trouvaient de plus en plus d'amateurs.
Les affaires marchaient bien et le rayon d'action de nos commerçants s'étendait de plus en plus loin. Durant cette période les Orléanais furent heureux, dans la mesure où peuvent l'être les citoyens d'une même cité; car une épidémie de peste fit des ravages entre 1625 et 1629. De mauvaises récoltes firent augmenter le prix du pain. Même en août 1630 un soulèvement eu lieu au cours duquel la maison de sieur Cardinet fut brûlée, et l'on du pendre sept mutins. Ce n'était cependant que de petites misères, par rapport au siècle précédent .
Mais nos négociants, à partir du milieu de ce siècle, ne voulurent plus se contenter de l'excellent métier que constituait le courtage des marchandises d'outre-mer. Ils commencèrent à travailler les matières premières, qui jusqu'alors ne faisaient que de traverser la ville.

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(le sucre orléanais, le commerce au XVIIIème, le vinaigre d'Orléans)

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Texte de M. Jacques LORILLOU