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Genabum, Aurelianum, Orléans

Texte de M. Jacques LORILLOU

Une rubrique épisodique sur Orléans et sa région sous forme d'anecdotes historiques et insolites



Le sucre Orléanais

Le commerce au XVIIIème siècle
Le vinaigre d'Orléans

Comment fabriquer son propre vinaigre

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Le sucre Orléanais

Parmi les produits, un de ceux qui abondait sur les quais de Recouvrance, c'était la moscouade qui est un extrait de canne à sucre.

Les industriels Hollandais étaient passé maîtres dans l'art de traiter ce sucre, et de le transformer en beau pain blanc. L'un de ces industriel nommé Vanderberge vint avec sa famille s'installer à Orléans vers 1640.  Son usine fonctionna à partir de 1650. En 1680, l'on en comptait trois, plusieurs autres furent installées vers le fin du règne de Louis XIV, dont celle de M. Levassor.

C'est surtout sous le règne de Louis XVI, que le sucre d'Orléans avait acquis alors une grande réputation dans le royaume ; bientôt on le traita en si grande quantité, que les sous produits de la fabrication, dont la mélasse, le gros sirop, le tafia, suffit à constituer des branches nouvelles pour le commerce Orléanais.

La prospérité de la ville a été liée au raffinage du sucre des Antilles dont la production était distribuée dans la moitié nord de la France et la Bourgogne.

Vers 1750, on compte 32 raffineries. 16 en 1776,  23 ou 24 en 1790, et  26 en 1800. Les dernières s'installent au début de l'Empire. Elles prospérèrent longtemps et ne fermèrent que devant l'ensablement de la Loire empêchant la marchandise d'arriver. Elles ne sont plus que 12 en 1830 et 4 en 1840. Une seule subsiste en 1850 qui abandonne la fabrication après 1852.

Les sommes engagées dans ces affaires, représentaient  une valeur supérieure à 12.000.000  de Frs (de l’époque).  Les fabriques employaient plus de 600 ouvriers, et produisaient  plus de six à sept millions de kilos d'un sucre raffiné qui passait pour le meilleur du royaume. Pour cette époque,  cela représentait une valeur des plus importantes.

Comme ces usines étaient quelque peu polluantes, on les avaient repoussées au sud et au sud-est de la ville , près du fleuve et à proximité des quais où arrivait le sucre brut. Au quartier Saint Marceau, l'une des plus importantes de la ville s'installa en 1793 dans l'ancien couvent des Augustins et s'arrêta en 1814.

Une autre industrie qui se rattachait au sucre était la papeterie. Son but était de fournir le papier bleu destiné à l’emballage des pains de sucre. Celles ci se trouvaient surtout a Olivet  sur le Loiret et a Meung-sur-Loire, sur les bords des Mauves. Ces moulins tournaient à plein pour fournir les raffineurs. Une autre industrie était aussi présente : celle des potiers qui fournissaient les moules pour former ces pains de sucre.

Pour l'extension  des affaires à Orléans vers 1695, il faut voir que sur 40.000 habitants de la ville, l'on comptait 26 marchands d'épices, 100 marchands de drap, 77 courtiers en blé, 61 courtiers en vin, 25 marchands de toile, 13 marchands de bois,  l'on tannait environ par an 12.000 douzaines de peaux, et il restait encore quelques belles blanchisseries de cire.

Le commerce au XVIIIème siècle

Le commerce à cette époque était florissant. Il y eut les épices, qui à elles seules assuraient la fortune d'Orléans, mais à côté du sucre, les autre denrées coloniales faisaient prospérer un grand nombre de maisons de détail (30 à 40 maisons de gros vers 1786). Nos négociants Orléanais servaient d'intermédiaires entre les armateurs et les commerçants pour la vente des huiles d'Italie, des savons fabriqués à Marseille, du café, du bois, de la cannelle et de cent autre produits que nous apportaient les bateaux  remontant où descendant la Loire.

Pendant la guerre d'Amérique, ces bateaux  repartaient pour Nantes  chargés d'armes, de bombes, de blé et de farine destinés à l'armée et nos négociants  faisaient évidemment de gros bénéfices sur ce trafic.

Nos manufactures royales n'étaient pas moins florissantes que les maisons de courtage.  Notre vieille manufacture de chapeaux de feutre (créée au XVIème siècle) sous la direction des Michel et des Boyetais par la confection des calottes portées sous les fez était devenue manufacture royale en 1754 . A la fin du siècle elle occupait 1500 ouvriers.

La fabrique d'indienne et de toiles peintes créé par Jacques de Mainville, est devenue fabrique royale en 1662, et comptait 150 ouvriers.

Quand à la grande manufacture de bonneterie, elle utilise à elle seules 800 ouvriers sur place et 800 en Beauce.

Nous avions aussi, une manufacture royale de porcelaine, deux fabriques de faïence, huit de poteries, cinq grandes blanchisseries de cire, trois manufactures de couvertures, et trois de papier peint.

Nos négociants servaient de courtiers pour les laines venues d'Espagne. Sept grosses maisons étaient occupées à affiner les draps sortis brut du Berry,  trois faisaient le commerce des toiles et des merceries.  Notre bonneterie était la plus considérable du royaume. Lyon et Bordeaux nous achetaient nos bas, nos tricots. 120 maîtres disposaient dès 1728 de 400 métiers.

Nos vins continuaient à être appréciés du public, on en vendait 30.000 pièces par an à Paris. Les routes de France étaient plantées d'arbres venus de nos pépinières, et nos 200 maîtres vinaigriers débitaient annuellement 25  à 30.000 pièces de vinaigre.

Le vinaigre d'Orléans

La tradition vinaigrière d'Orléans et sa région remonte au Moyen Age.

Les vins de l'Anjou et de Touraine étaient transportés par bateaux sur la Loire, et du fait de la lenteur du transport, beaucoup d'entre eux n'était pas d'une qualité exceptionnelle. Les vins piqués étaient donc déchargés à Orléans et transformés en vinaigre.

Le vinaigre est le produit de deux fermentations. La première, assurée par la levure, transforme le sucre dissous en alcool et donne une liqueur de 6 à 9 degrés, cette liqueur fermente à son tour sous l'action d'une bactérie aérobie, qui transforme l'alcool en acide acétique. Il est à noter que c'est Pasteur qui, le premier, a expliqué les processus microbiologiques de la fabrication du vinaigre.

Le vinaigre d'Orléans, d'une grande finesse, était considéré comme le meilleur du royaume, et exporté jusqu'aux Amériques, aux Indes, au Pays-Bas...

C'est finalement au XIXème siècle que le vinaigre d'Orléans acquiert une grande réputation. Elle est due à la situation géographique, au vignoble de Loire et à une méthode d'acétification toute particulière : la fermentation du vin était faite à partir d'une bactérie appelée mycoderma aceti donnant au vinaigre un arôme très agréable.

Sous la Révolution, Orléans et sa région comptait plus de 250 vinaigriers, au début du XXème siècle, il en restait 17. La production représentait la moitié des vinaigres français

Fondée en 1824, la vinaigrerie Dessaux Fils fut la plus importante, pour devenir cinquante ans plus tard, la première vinaigrerie du monde. L'histoire de la famille Dessaux a fortement marquée Orléans et particulièrement le quartier Saint-Pierre-le-Puellier. C'est en effet en 1815 que la famille achète ses premiers terrains et bâtiments et continuera de s'agrandir, toujours dans ce même quartier, dans les années 1870/1880.

Rachetée en 1965 par Amora, la vinaigrerie Dessaux Fils disparaît donc du paysage économique d'Orléans. Aujourd'hui, il ne subsiste plus qu'une seule vinaigrerie : La Maison Martin-Pouret, installée depuis 1797, elle fabrique toujours le vinaigre à l'ancienne en respectant les méthodes traditionnelles.

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Comment fabriquer son propre vinaigre
  • Vous devez vous procurer un vinaigrier en grès avec un robinet dans sa partie basse
  • Il faut mélanger 80% de vin rouge (de bonne qualité) avec 20% de vinaigre de vin
  • Fermer le vinaigrier avec un bouchon de liège (placer un linge fin ou une gaze entre le bouchon et le vinaigrier).
  • Placer le vinaigrier dans une pièce ou la température oscillera entre 20° et 30°
  • Le délai d'attente est de 3 mois environ. Progressivement, un voile gris apparaîtra sur la surface et deviendra par la suite une masse gélatineuse appelée La mère du vinaigre. Attention ! éviter de remuer le vinaigrier. Il faut que la mère reste sur le dessus.
  • Il est possible de gagner du temps si quelqu'un vous donne un morceau de mère. Dans cette hypothèse, remplissez de vin votre vinaigrier et déposer sur le dessus le morceau de mère. Attendre environ un à deux mois.
  • Tirez le vinaigre uniquement par le bas.
  • Veillez à remplacer le vinaigre utilisé par une quantité égale de vin en faisant bien attention de ne pas abîmer la mère.

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