A 25 km à
l'ouest de Tours, le château de
Langeais a été légué à l'Institut de France en
1904 par M. Jacques Siegfried. Il l'est l'un des plus
intéressants du Val de Loire grâce au travail de son dernier
propriétaire, amateur d'art éclairé, qui s'attacha notamment
à redonner au château le décor d'une demeure du 15ème siècle.
Meubles, tapisseries, boiseries, tableaux, sculptures...
tous ces objets représentent un ensemble tout à fait
exceptionnel et restituent dans les moindres détails
l'époque du 15ème siècle
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A la fin du
10ème siècle, le puissant comte d'Anjou, Foulques Nerra, fit construire le donjon, l'un des plus anciens de France, dont
les ruines se dressent aujourd'hui dans le parc du château.
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Forteresse
durant des siècles, le château de Langeais, tel qu'il se
présente à nous, fut élevé par Louis XI entre 1465 et 1469.
Construit rapidement et épargné par les remaniements, il
présente de ce fait une grande homogénéité.
De
l'extérieur, c'est une forteresse féodale avec des hauts
murs, des grosses tours rondes surmontées de toits en
ardoises, chemin de ronde couvert à créneaux et mâchicoulis,
pont-levis en état de marche...
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Façade
intérieure
Moins austère, la
façade intérieure du château évoque quelque peu la Renaissance avec
ses fenêtres à meneaux et ses lucarnes au gâble orné de crochets, ses
portes d'entrée surmontées d'arcs en accolade...
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Intérieurement, les salles
sont ornées de grandes cheminées, de tapisseries... Bien meublé,
Langeais offre un aspect beaucoup plus vivant que la plupart des
autres grands châteaux.
L'Institut de France entend
préserver l'oeuvre de Jacques Siegfried et poursuit d'importants
travaux de restauration et d'embellissement. Pour en savoir plus sur
le château de Langeais, nous vous conseillons de visiter le site de l'Institut de France
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Histoire du château de
Langeais
par Jean Favier,
membre de l’Institut, conservateur du château
La
construction du château
:
Le château fort désigne la résidence fortifiée du seigneur. Il
représenta durant toute l’époque médiévale, le point de fixation du
pouvoir, le lieu privilégié dont dépendaient des hommes et des
fiefs. Il fut un espace de résidence, un centre administratif et un
point d’appui militaire. L’évolution architecturale des forteresses
témoigne d’une époque troublée et dépend de la situation politique
du royaume. Les transformations répondent à des besoins militaires
ou résidentiels.
Le château :
une place forte à conquérir
Symbole de puissance et siège de l’autorité, le château fort est un
lieu convoité. Son architecture évolue tout au long du Moyen Âge,
intégrant les différentes inventions qui permettent de lutter contre
l’assaillant. À Langeais, tout au long du chemin de ronde dont la
couverture fait l’originalité, le visiteur pourra imaginer à partir
des maquettes de machines d’assauts, l’attaque du château mais aussi
sa défense. Déjà en usage dans l’Antiquité, les machines de guerre
sont légèrement améliorées à l’époque médiévale et portent les noms
de trébuchet, de tonnelon ou encore de beffroi. Elles sont
manipulées par « le maître des engins ». Les armées sont
principalement composées de cavaliers lourds entourés de gens de
pied. La
restauration du château
Passé le temps de la destruction vient le temps de la restauration.
Des châteaux privés, au hasard des fortunes de leurs propriétaires,
ont pu être relevés. Christophe Baron, ancien propriétaire du
château de Langeais, se préoccupa de l’apparence extérieure du
château laissant l’intérieur vide. Jacques Siegfried
poursuivit cette œuvre en restaurant entièrement l’intérieur du
château dans le style du XVe siècle.
La vie
seigneuriale
Le château : un
confort modeste
A l’évocation du mot château, l’imaginaire collectif abonde de
portes dérobées, de souterrains interminables et de passages
secrets. Bâtiment résidentiel avant tout, le château médiéval est le
lieu de vie des seigneurs. Invité à partager la vie du seigneur, le
visiteur découvre en premier lieu un confort modeste. L’espace
intérieur du château de Langeais présente les dispositions
classiques d’une grande demeure de la fin du Moyen Âge, avec des
salles et des chambres ornées de grandes cheminées. Généralement, un
filtrage progressif du public au privé est établi. Il existe
toujours une pièce d’apparat où le seigneur passe une grande partie
de son temps, c’est la Grande Salle. Cet espace multifonctionnel a
souvent le rôle de salle de justice. Les murs sont couverts de
tapisseries qui ont pour vocation de décorer la salle et surtout de
conserver la chaleur. Le seigneur suspend aussi, dans la Grande
Salle, des trophées de chasse, des écus, des lances, parfois un
arbre généalogique. Les fenêtres, encore petites, sont garnies de
vitraux aux teintes vives. Il y a peu de mobilier dans cette Grande
Salle : quelques coffres de chêne, des escabeaux, des bancs mobiles
et des sièges pliants.. À l’un des pignons se trouvait l’estrade sur
laquelle siégeait le seigneur. Il y prenait ses repas et y rendait
la justice.
Les chambres sont
souvent plus confortables que la Grande Salle. Dans les grands
châteaux, elles sont voûtées d’ogives et possèdent une cheminée
immense, la flamme de l’âtre suffisant à éclairer la pièce et un peu
à la réchauffer. Le lit est large mais peu long car on y dort en
position quasi assise de peur d’être emporté nuitamment par la mort.
Les murs sont aussi ornés de tapisseries. Pour leurs déplacements à
l’intérieur du château, le seigneur et ses hôtes utilisent des
chandeliers.
L’hygiène et le
vêtement
Contrairement aux
idées reçues, les hommes du Moyen Âge sont soucieux de leur hygiène.
On se lave d’avantage à cette époque que sous le règne de Louis XIV. L’eau y est
jugée bienfaisante pour la santé et son usage purificateur. Les bains sont un
plaisir partagé par tous les milieux sociaux. Les châteaux et riches demeures
possèdent leurs propres étuves. On utilise de nombreux objets pour la toilette
dont des curettes à oreille en ivoire ou en métal, des peignes, des pinces à
épiler
Les vêtements sont superposés les uns aux autres. Les paysans
portent les mêmes habits quelle que soit la saison. Ils sont longs
et flottants et sont composés notamment de chausses de toile, de
chemises, de robes. Les vêtements du seigneur utilisent des étoffes
précieuses et rares : drap de soie, mousseline, broderie de fil
d’or. Des reconstitutions de costumes seigneuriaux du XVe siècle
seront présentées. Des bijoux et des accessoires accompagneront les
vêtements. Les visiteurs pourront découvrir diverses bagues en
argent doré et améthyste, en bronze et verroterie, une chaînette,
une boucle à chape, un pendant de ceinture et plusieurs autres
éléments constitutifs de la parure médiévale.
Se nourrir au
château
Nous avons tous à
l’esprit l’image des grands banquets servis dans la grande salle du
château, mais le plus souvent, le seigneur dînait dans sa chambre.
Une des chambres du château de Langeais met en scène ce moment de la
journée du seigneur. Le coffre sert de table et la crédence permet
de présenter la vaisselle du seigneur et les mets qui vont être
servis. On consomme de préférence des viandes de venaison, produit
de la chasse, mais aussi les produits de boucherie et de basse-cour.
Le cygne et le paon
sont des nourritures de choix. Les fruits et les épices venus
d’Orient sont très appréciés alors que les légumes tels carottes,
raves, ails, oignons, poireaux sont méprisés.
Une table richement garnie est un signe de distinction sociale pour
le maître des lieux. Lorsque le seigneur reçoit au château dans la
grande salle, les repas sont copieux et durent longtemps.
L’expression « dresser la table » vient du Moyen Âge. Les serviteurs
installaient des panneaux sur des tréteaux en guise de table. Le
sol, fait de petits carreaux de pavement, était jonché de fleurs
odorantes pour chasser les odeurs fortes exhalées par les mets. Les
plats étaient apportés « couverts » d’une étoffe afin de les
conserver au chaud. La fourchette était alors inconnue, les hommes
mangeaient avec les doigts ou avec un couteau dans un plat ou sur un
tranchoir. Ils buvaient dans le même gobelet un vin mélangé avec de
l’eau.
Les loisirs
au Moyen Âge
Les loisirs au
Moyen Âge sont nombreux. Les échecs importés d’Asie vers l’an mil et
les dés, héritage de l’Antiquité, sont les distractions favorites.
Les jeux de société sont très appréciés. Le temps d’une partie
d’échec, les visiteurs pourront entrevoir quels étaient les loisirs
du seigneur quand il ne se consacrait pas à la chasse, occupation
favorite de l’aristocratie. Le château de Langeais possède une
tapisserie de la Chasse au cerf constituée de trois panneaux de la
fin du XVe siècle visible dans la salle des gardes représentant la
Mise à mort du cerf (ci-contre), la Curée et l’Hommage du pied. La
musique tient une place importante durant tout le Moyen Âge.
Trouvères et troubadours sont présents aux banquets donnés par le
seigneur. Ils jouent notamment de la vielle, du psaltérion, du luth,
de l’organistrum, du tambourin et de la flûte. Des sifflets, une
guimbarde et une flûte en os seront présentés aux visiteurs.
Jacques Siegfried était un grand amateur de l’art du Moyen Âge et
de la Renaissance. Il se passionna pour Langeais, restaura le
château, le meubla et y établit en particulier sa remarquable
collection de tapisseries.
En 1904, il faisait donation du château et de toutes les collections
à l'Institut de France, qui n’a, depuis cette date, cessé de les
mettre en valeur.
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Informations pratiques
Visite libre :
Circuit fléché avec fiches de visite proposées en 6 langues (français, anglais,
allemand, italien, espagnol, néerlandais).
Visite guidée : Sur réservation
Parking visiteurs gratuit à proximité du château.
Chien admis en laisse.
Boutique-librairie et reproduction de tapisseries (entrée libre).