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La confection des
tranchefiles |
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Objectif |
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Les
tranchefiles d’un livre du XVII° siècle, ont pour fonction de combler la
différence entre la hauteur du bloc livre et celle des cartons. Il s’agit d’une
broderie de fil de lin réalisée sur un bâtonnet de papier roulé. |
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Remarque |
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La tranchefile est un art
fascinant. L’évolution technologique de ses confections permet de les dater
précisément. On compte plus de 72 techniques recensées, rien que pour la reliure
française. Il me parait par conséquent indispensable de les maîtriser toutes
parfaitement ; non seulement dans la reproduction des points de tissage mais
dans leur configuration esthétique. |
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Après l’observation des tranchefiles d’origine, mon objectif est de les
reproduire le plus fidèlement possible. Je prépare un bâtonnet de papier roulé
de même section. Le vieillissement artificiel des fils de lin modernes, assure
l’esthétisme de ce nouveau tissage. |
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Le mode opératoire de la confection de ces tranchefiles s’exécute sur la base
d’un point nommé « pékiné » . Deux couleurs de fil sont utilisées. Le croisement
du fil de devant avec celui de derrière réalise le tissage |
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* Un dernier passage de pigments en poudre finalise le vieillissement et la copie
de la patine observée sur celles d’origine. |
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* La copie
et l’effet de ces nouvelles tranchefiles sont parfaits. Seul l’œil averti d’un
expert est capable d’identifier la reproduction. |
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Principe opérationnel :
De la dextérité et beaucoup de minutie sont demandées pour leur
exécution. Sans doute, l’une des opérations les plus délicates de la reliure
traditionnelle
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Avant
Après |
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Nettoyage de la dorure |
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Avant |
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Après |
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Nettoyage de la dorure
d’un dos de reliure du XVIIe |
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Avant |
Après |
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| Nettoyage et entretien du
cuir d'un livre ancien |
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Le cuir reçoit au cours de son
vieillissement ; poussière, pollution atmosphérique,
projection, dégradation chimique, épidermure de
frottements et taches diverses sur sa surface. |
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Le cuir des reliures, comme c’était la
mode en cette fin du XVII° siècle, est recouvert d’une
multitudes de petits points noir de projection que l’on
nomme jaspure. Il s’agissait au départ vers l’an 1660,
d’une méthode pour masquer les divers accidents ou
irrégularités de la surface de la peau. Cela deviendra
par la suite, un concept décoratif marquant précisément
cette période historique. Cette méthode est adoptée
jusqu’à 1720, elle est remplacée par les fameuses
marbrures à l’éponge. |
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A l’aide d’une brosse à poils rigides et
d’un grillage, le liquide coloré est projeté sur la
surface du cuir extérieur. La composition de ce liquide
est faite de sulfate de fer (Vitriol) et d’un résidu de
noir de fumée. Le liquide ferreux sert de mordant pour
fixer la suie. |
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Malheureusement, ce combiné chimique
souffre de la pollution atmosphérique. Les émanations de
dioxyde de souffre, présentes dans les zones urbaines au
cours du XIX° siècle, associées au dégagement de fumée
des systèmes de chauffage, riches en carbone, vont
développées en milieu humide, une composition chimique
acide. En effet, lorsque l’humidité relative atteint les
75% (lors d’inondation ou de forte humidité dans les
lieux de stockage), le dioxyde de souffre + fer =
Trioxyde de souffre se transforme en acide sulfurique.
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Ce dernier additionné à l’oxygène de
l’air, provoque une détérioration chimique sur la
surface du cuir. Des petits craquements fissurent la
surface de la peau, au point parfois, de provoquer des
perforations profondes. |
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Les principes à retenir |
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Bien maîtriser les quantités de produits,
ne jamais mouiller le cuir, bien masser l’encollage afin
que celui soit régulier sur la surface de la peau,
telles sont les principes à retenir dans la procédure
suivante. |
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| Ma méthode |
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A l’aide d’une éponge naturelle, humidifiée et
essorée au maximum dans un linge, associée à un savon (BRECKNELL),
le cuir est précisément nettoyé en surface. Les poussières
superficielles sont récupérées sur l’éponge et un rinçage sec conclu
l’opération de nettoyage. Déjà, ce premier travail, flatte la
couleur du cuir. Les petites épidermures à chair visible s’estompent
et les dorures à la feuille retrouvent leur claquant d’origine. |
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Pour améliorer la présence des craquelures de
surface, ainsi que le manque de résistance mécanique du cuir, un
réencollage de la surface de la peau est exécuté. J’utilise un
mélange de colle KLUCEL G (diluée à 25 % dans l’alcool éthylique).
Cette onctuosité liquide, est recouverte sur le cuir et massée pour
en faire pénétrer un faible pourcentage. Le surplus est éliminer au
chiffon et l’ensemble est sécher rapidement sous une soufflerie à
55° C |
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Je
nourri le cuir avec une préparation issue d’une recette de cire dont la
constitution m’a été fournie par l’un de mes confrères de l’atelier de
restauration du British Muséum de Londres. Je fais fabriquer cette cire par mon
pharmacien local. |
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Sa
composition est à base de Vaseline est de cire blanche d’abeille. L’absence de
liquide mouillant (à base d’essence de Térébenthine) empêche de foncer la teinte
du cuir ancien, comme c’est le cas des cires commercialisées en France à cet
effet. Le cuir est enduit, sur sa surface de cette cire hydratante. La peau
retrouve légèrement (tout du moins en visuel) sa souplesse. Quelques heures de
repos pour la peau, sont nécessaires pour l’incorporation des produits avant de
poursuivre les procédures suivantes. |
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Résultat
obtenu |
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* Le
cuir est beaucoup plus lisse en surface.
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* Sa couleur et la
nature décorative de sa jaspure est plus visible. |
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* Sa résistance
mécanique est améliorée. |
Olivier MAUPIN
CFRPE (Centre de Formation de Restauration du Patrimoine Ecrit)
3 ter, rue Abbadie
45110 Châteauneuf-sur-Loire
Tél : 06 62 57 61 73 – e.mail :
olivier.maupin@wanadoo.fr
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