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DES CARRIÈRES |
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Une carrière anciennement exploitée sous la rue du Nécotin |
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- | Dans le centre de la ville, un réseau incroyablement complexe... | Puits d'aération dans une cave du faubourg Bannier | Précisons d'abord que le sud de la Loire ne compte pas de carrières. La nappe phréatique qui se trouve à faible profondeur, et la circulation des eaux souterraines qui peuvent provoquer une lente dissolution du calcaire, interdisent toute idée de fonçage important. | Par contre la partie nord du fleuve, à l'exception de ses abords immédiats, abrite une grande partie de la mémoire souterraine d'Orléans, enfouie sous deux millénaires d'interventions humaines. Un réseau incroyablement complexe, fait de puits, de galeries, de caves, et de carrières dont le plan ressemble plus à un dédale dû à la poussée démographique, qu'à des opérations concertées. Ici, la terre est remuée depuis l'installation de l'Homme. | Reportons-nous donc par les textes ou l'imagination, loin en arrière, à l'époque où naît une ville. Les chantiers archéologiques ouverts au cours des derniers siècles mettent en évidence un certain nombre de creux ponctuels créés pour des besoins privés. |
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| Ils dégagent, entre Saint-Aignan et Saint-Euverte des puits d'extraction de marne, datés du IVe siècle. Une matière utilisée pour la fabrication des poteries, puis un peu plus tard, pour le tannage des peaux. | Un four à chaux et divers objets découverts dans le quartier Bourgogne, entre 1985 et 1986, attestent par ailleurs de travaux humains remontant aux premiers siècles de notre ère. On peut donc y déceler l'amorce d'une campagne plus suivie d'extraction du calcaire. | Au Moyen Age, les corporations se forment à partir des métiers. Elles se regroupent souvent autour d'une église, dans un périmètre restreint, ou le long d'une rue. Par exemple, au nord de la cathédrale, le clos des "poictiers", des potiers en langage moderne, désigne les alentours de l'actuelle rue Saint-Martin-du-Mail. Tiraient-ils sur place l'argile nécessaire à leurs activités ? Possible. Mais, parallèlement, un peu partout des secteurs se densifient autour de ces lieux actifs, et les rues s'empierrent. Alors on creuse davantage, là où il est possible de trouver la matière première en abondance. | Il semble, d'après les éléments qui nous sont parvenus, que le travail dans les carrières ne se pratique qu'épisodiquement, et que les carriers se recrutent vraisemblablement parmi les professions agricoles, hors des mois consacrés au travail de la terre, ou dans les milieux manuels non spécialisés. Par conséquent, il ne subsiste actuellement que les traces de leur passage qui ont résisté à l'urbanisation: celles imprimées de toute éternité dans la roche, et quelques rares outils laissés sur place. | Ce sont celles-ci qui nous livrent les renseignements sur un mode d'exploitation communément utilisé, et connu sous le terme de méthode «des piliers tournés ». Cette technique constitue la première tâche des travailleurs qui ouvrent une carrière. Ceux-ci creusent d'abord un puits pour trouver le calcaire qui n'affleure pas obligatoirement. Quand ils l'ont découvert, ils commencent à tailler dans la masse le pilier qui soutiendra le plafond de la carrière. « D'une section de 80 centimètres de côté », selon Léon Dumüys, «ils supportent des arcs en ogive ou plein cintre, sous tendus par une corde (segment de droite joignant deux points d'une courbe) de 2, 70 mètres environ. La hauteur moyenne sous clé de ces passages maçonnés peut être de 2 mètres environ. Le puits permet l'évacuation vers la surface des moellons tirés du sol ». L'un d'entre eux a d'ailleurs été mis au jour en 1970, rue Etienne Dolet: "D'une section carrée d'un mètre de côté, composé de moellons réguliers, ce puits donne sur un lit de briques à caractéristiques gallo-romaines. | Un peu plus loin, se trouve la clé de voûte d'un cintre qui paraît indiquer un début de galerie remblayée." Quant aux matériaux inutilisables, ils sont abandonnés sur place, où ils constitueront une partie du remblaiement des cavités. Et quand le chantier est fini, ou la veine épuisée on rebouche le puits de descente, ou on l'utilise comme puits perdu. | Une carrière utilisée: Les catacombes de Saint-Paul |  | Dans l'antique quartier d'Avenum s'est ouverte, probablement à l'époque gallo-romaine, une vaste carrière. Celle-ci est consolidée et aménagée en nécropole à partir du XIIe siècle. Les plafonds en berceau, soutenus par des arcs de pierre lui donnent l'aspect d'une crypte. Là, à plus de 10 mètres sous terre, dont une partie sous l'église Saint-Paul les dépouilles des anonymes côtoient celles des notabilités, dont Jacques Boucher, l'hôte de Jeanne d'Arc en 1429, la famille Beauharnais, et plusieurs maires de la cité. On sait aujourd'hui que la dernière personne inhumée en 1782, s'appelait Éléonore Magdelaine de Cugnac de Dampierre. Ces restes humains auraient pu rester ignorés sans la ténacité d'un homme, et l'action d'une association, la Société Française d'étude des Souterrains. | | C'est en effet en 1940 que Pierre Hamel, infatigable prospecteur de l'histoire d'Orléans, découvre cette cavité, dont il soupçonne d'ailleurs l'existence. Une équipe de prisonniers français, dont le chanoine Chenesseau (surintendant des Beaux-Arts), avec l'accord de l'occupant, s'attache à déplacer la lourde dalle qui bouche l'entrée. |
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| Des explorations préliminaires ont lieu, puis la nécropole retrouve le silence... jusqu'en 1989, alors que Pierre Hamel aidé de ses amis de la S.F.E.S décide de la remettre en valeur. Inlassablement les bénévoles nettoient, rangent, aménagent, en prévision d'une ouverture au public. Car il existe un escalier, aujourd'hui muré, autrefois emprunté par les fossoyeurs. | Quand les travaux nécessaires à l'accueil et la sécurité des visiteurs auront-ils lieu? Dieu qui réside au dessus ne le sait peut-être pas, et les autorités hésitent encore à se pencher sur ce Royaume des morts. En attendant, cette carrière, toujours en bon état et parfaitement agencée, abrite dans un silence sépulcral, seulement troublé par la visite de rares privilégiés, un puits ovale qui a servi à la descente des cercueils, une galerie principale où débouche l'escalier, deux ossuaires, quelques petites salles et des piliers de soutènement de l'église Saint-Paul. Un bel ensemble. |
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| Que reste-t-il des carrières Orléanaises | Rappelons d'abord qu'un inventaire complet est en cours d'établissement, et que nombre de vides attendent d'être explorés. D'autres, qu'ils remontent à l'ère gallo-romaine, ou qu'ils soient beaucoup plus récents, partagés, architecturés, aménagés, se sont transformées en caves. Des brasseurs, faubourg Bannier par exemple, n'ont pas hésité à utiliser les plus vastes pour y installer leurs machines, et des vinaigriers, au XIXe siècle, les produits d'Orléans, dont les spécialités bénéficient d'une renommée internationale, leurs cuves. Enfin, se perpétue toujours un nombre important de carrières ayant leur aspect d'origine. En particulier à l'Argonne et à Saint-Marc où quelques chiffres gravés dans la pierre signalent l'époque de leur exploitation. Si le public n'y a que très rarement accès, elles n'en forment pas moins un ensemble de richesses naturelles fort utiles à la reconstitution du passé orléanais. | |
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