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UNIVERS PERTURBÉ POUR CAVES BOULEVERSÉES

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Pourquoi autant de caves? La réponse se trouve sans doute dans le Dictionnaire raisonné de l'architecture française de Viollet-Leduc:  "De tout temps les maisons ont été bâties sur caves. Les caves ont l'avantage d'empêcher l'humidité naturelle du sol d'envahir les rez-de-chaussée, et procurent un lieu dont la température égale, fraîche, permet de conserver des provisions de bouche qui entreraient en fermentation si elles restaient exposées aux changements de température extérieurs. Mais c'est surtout dans les pays de vignobles que les caves ont été particulièrement pratiquées... 

Dans le centre de la France, on voit des maisons anciennes d'assez chétive apparence, qui possèdent jusqu'à deux étages de caves voûtées, construites avec soin, quelquefois même taillées dans le roc".

Arcs-doubleaux sous l'église Saint-Paul

Pendant le Moyen Age, les villes étant entourées de murailles ne pouvaient s'étendre. Il en résultait que les terrains réservés aux constructions particulières, lorsque la population augmentait, devenaient fort chers. On prenait alors en hauteur et sous le sol la place que l'on ne pouvait obtenir en surface, et les caves étaient quelquefois habitées". Ce qui ne semble pas avoir été souvent le cas à Orléans. Localement, il faut aussi aller chercher la multiplication des caves dans une progression commerciale qui débute très tôt et alimente, avec des hauts et des bas, la prospérité.

Anciennes pour la plupart, les caves orléanaises, souvent aménagées dans des carrières devenues inutiles, remontent loin dans le passé, avant le XVIe siècle, surtout sous l'emprise du coeur historique. Le moins qu'on puisse affirmer, c'est qu'elles subissent au cours de ce long périple nombre de mutations. 

Le temps a déchiré, bouleversé, rehaussé, érodé, en un mot, ravagé le sous-sol. Partiellement comblées, tronquées, divisées et appareillées, elles forment un ensemble dont chaque élément mériterait une attention particulière. Certaines se dissimulent encore sous une simple phrase dénichée au hasard d'une brochure. D'autres, réapparues dans le cadre de fouilles, font l'objet à ce moment-là, soit d'une exploration rapide, soit d'une étude plus poussée, mais entrent dans les annales. Des détails visibles signalent cependant les caves: leurs accès. Beaucoup ont disparu, mais dans les vieux quartiers, un oeil attentif remarquera des entrées qui donnent sur la rue, parfois complétées d'une grille, destinées à la manutention des objets volumineux, fûts, sacs, paniers... Il est aussi souvent possible d'accéder à la cave par un escalier situé à l'intérieur même de l'habitation, sous une trappe.

Sous le Centre Charles Péguy, une carrière devenue cave

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